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Le griot enchante par sa musique

Le djeli se démarque du commun des mortels par la parole et aussi par son instrument, qui est le support de son message (tam-tam, n’goni, kora, flûte, tambour…). Il apprend à jouer cet instrument dès son plus jeune âge auprès de ses parents. Il finit par l’apprivoiser, le dompter afin qu’il devienne un compagnon fidèle et inséparable, un confident… Le djeli devient donc musicien.

A l’occasion, il chante, vante les mérites du chef du roi, du prince, du peuple, évoque le passé, rappelle les gloires, les hauts faits… C’est un musicien qu’on sollicite très souvent pour les événements heureux et malheureux. Le djeli est par essence un artiste, il possède l’art du parler, du verbe, l’art de jouer et de chanter.

Il existe plusieurs sortes de griots :

  • Le griot conteur, celui qui dit et chante les grandes épopées du passé, les faits d’arme des princes guerriers, le pays, l’amour…Il peut être aussi invité pour un événement quelconque (fêtes de réjouissances, mariage, naissance, funérailles…). Dans ce cas, il chante les louanges de celui qui invite, de celui à qui on doit la réunion ou de celui en l’honneur de qui elle est organisée. Chanter les louanges d’une personne, c’est chanter les louanges de son père, de sa mère, de ses grands parents, de ses aïeuls…c’est retracer en quelque sorte son arbre généalogique.
  • Il peut aussi faire appel à un autre griot musicien, un second griot appelé « griot muet ». Son récit peut durer toute une nuit et ce type de réunion a un caractère intime : elle se passe souvent à l’intérieur d’une habitation et quelques proches et amis y prennent part. Ce sont des griots laudateurs et mémorialistes.
  • Le griot qui chante pour faire danser une assemblée, accompagné par un ensemble musical : l’amour est la base de tous ses chants ainsi que le quotidien ou la vie sociale. Chez certains peuples, le chant est la propriété des femmes qui se révèlent des interprètes exceptionnelles par la beauté de leur timbre vocal, leur sensibilité et leur finesse. L’emploi des instruments est dans certaines communautés exclusivement réservé aux hommes.

Tous ces griots, quel que soit leur rôle, ont droit à la même considération. Ceux pour qui ils chantent leur font des présents qui constituent leurs ressources. Certains ont parallèlement un autre emploi. Quelquefois, les griots se réunissent en public, racontent l’histoire de leur peuple, chantent et jouent pour leur propre plaisir, rivalisant d’habileté. Ces réunions sont souvent les seuls moments où les cadeaux ne sont pas obligatoires.

Les griots jouent un rôle d’autant plus important que la poésie et la musique aux répertoires variés sont des arts vivants intimement liés à la vie quotidienne. Le griot est un des points centraux de la société africaine.

Dotés d’énormes facultés de mémorisation et jouant à l’oreille, les griots musiciens ont su perpétuer une technique de transmission bien codée de leurs arts.

Leurs instruments de musique :

Le griot conteur s’accompagne lui-même de son instrument de prédilection qui est héréditaire (kora, balafon, ngoni, ardin, tidinit, tambour…).

Le ngoni est un luth dont le nombre de cordes va de quatre à sept (une innovation que l’on doit à Makhan Tounkara). Sa forme actuelle est restée très proche de celle du luth gengenty apparu au cours de la XVIIIème dynastie de l’Égypte pharaonique, mille cinq cents ans avant JC. C’est l’ancêtre du banjo afro-américain.

La guitare a été largement adoptée par les musiciens mandingues depuis la fin des années quarante.

Les nyamakala sont ceux qui n’ont pas de totem ou d’interdit. De ce fait, ils sont craints. Par ailleurs, proches du pouvoir, ils suscitent l’admiration. Ce sont les détenteurs de la parole, du chant et de la musique. Enfin ils sont les seuls à pouvoir et devoir dire ce que pense le peuple,

Portfolio

Balafon Calebasse Kori N'goni Djembé

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